En Angleterre, le roi Edouard III fondait en 1344 l'Ordre de la Table Ronde : cet ordre ne pouvant comprendre que 40 membres, le même Edouard dût, en 1349, créer l'Ordre de la Jarretière. Le roi de France Jean II fondait en 1351 l'Ordre de l'Etoile.
La Toison d'Or fut instituée par le Duc de Bourgogne en 1431 et l'Ordre du Croissant fondé par René d'Anjou en 1448.
Pierre Toulhoat, artiste et créateur du collier de l'Ordre de l'Hermine |
La première version du collier de l’Ordre de l’Hermine réactivé fut une chaînette où pendait une petite bête qui se voulait le mustélidé immaculé. Evidemment, le collier d’origine avait disparu dans les tourmentes de l’histoire. On en connaissait que des descriptions ou des dessins dont la traduction littérale était impossible. Les herminés de la promotion 1988 reçurent donc la version minimaliste. Polig Monjarret en était. Avec son franc parler habituel, il fit remarquer que cet objet n’était pas digne de succéder à celui de Jean IV, et conseilla à la direction de l’Institut Culturel de Bretagne d’aller à Quimper consulter Pierre Toulhoat. Bernard Le Nail, à l’époque directeur de l'ICB, vint donc m’exposer le problème : rester fidèle à l’esprit du fondateur, en faire un objet plein de sens et gratifiant pour les "herminés", et à un coût raisonnable. J’avais créé des crosses pour des évêques et des abbés, des anneaux et des croix pectorales, des insignes et des trophées pour des sonneurs, mais jamais de ces colliers honorifiques dont la tradition est perdue en Bretagne. C’est donc outre-manche et outre-rhin que j’ai porté mes regards. On y garde la tradition vivante de ces colliers ostensibles, voire ostentatoires que l’on porte sur «l’ample toge» et le "camail". Et il s’y trouve toujours des artistes qui en créent dans le langage plastique d’aujourd’hui, et des orfèvres et joaillier pour les réaliser. Après concertation avec Benard Le Nail (échanges de lettres et présentation d’esquisses puis de dessins précis) le projet s’est concrétisé rapidement. C’est ainsi que j’ai pu porter à Nantes à l’heure de la remise, le quatre colliers de la promotion 1989, heureux d’y voir Bernard de Parades, ami de longue date.
Le collier Les maillons : Hermine héraldiques portant la devise "A ma vie" et entrelacs rappelant la cordelière des armes d'Anne de Bretagne (tertiaire franciscaine). Conçu et réalisé dans mon atelier, le collier est en argent massif.
C’est tout ce qu’avait retenu du collier du Duc Jean IV l’artisan à qui l’Institut Culturel de Bretagne avait confié la commande. |